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la surveillance des éléments importants pour la sécurité

mardi 24 novembre 2009, par Philippe Bataille


Le pilotage de la surveillance des éléments importants pour la sécurité (EIPS)

Une solution de surveillance serait de mettre un contrôleur derrière chaque acteur. Cette solution riche ne m’apparaît pas à la portée du contribuable français (cas d’un établissement public) ou de l’actionnaire (cas des sociétés privées) (je suis comme vous, je pense que les impôts sont toujours trop lourds et mes dividendes trop faibles).

L’autre extrémité serait de faire une confiance absolue en chacun des acteurs. La vérité se trouve probablement entre ces deux solutions.

Nos clients, utilisateurs mais surtout le chef d’établissement responsable devant la société, attendent de nous que notre contribution apporte la meilleure efficience de l’argent dépensé en surveillance, il faut donc répondre aux questions :

  • "Que doit-on surveiller ?"
  • "Où faire porter les efforts ?" pour que la surveillance soit la plus efficace pour un coût donné.

Je vous propose d’appliquer une surveillance graduée, adaptée au risque. Cette gradation est basée sur la notion de criticité.

La criticité c’est le produit de l’impact d’un risque par sa probabilité d’apparition, on voit donc très vite que maîtrise de la criticité et maîtrise des risques sont des concepts voisins.

Il faut donc surveiller les risques ; mais vous vous posez peut être la question " Faut il piloter cette surveillance ? "

Dans une voiture, il y a quatre roues mais un seul volant (même sur les auto écoles), imaginons ce qui arriverait si chacun des quatre passagers d’une voiture disposait d’un volant qui agirait sur la roue placée à côté de lui ; en situation dangereuse, verglas par exemple, que deviendrait la conduite si chaque passager disposait d’un jeux de pédales d’accélération et de freins. De la même manière, pour contribuer à ce que chaque installation conduise à la pleine satisfaction du voisinage, la surveillance se doit d’être pilotée avec une méthode commune à tous

Le pilotage de la surveillance technique à partir des risques d’accident majeur part d’une idée simple.

  • Si le risque de dérive est élevé, il convient de consacrer à la surveillance le temps nécessaire et mettre en œuvre toute la rigueur nécessaire ;
  • au contraire, si le risque est nul, il n’y a aucune raison de surveiller.

La démarche de pilotage est comparable, dans ses grandes lignes, à une démarche de "conception à coût objectif", je vais donc vous présenter la démarche de pilotage de la surveillance comme s’il s’agissait de concevoir un produit nouveau " la surveillance des EIPS ".

Démarche de pilotage de la surveillance d’un EIPS par les risques.

Démarche de conception à coût objectif Démarche de pilotage de la surveillance d’un EIPS par les risques.
Identification des besoins à satisfaire
Identification des fonctions par une démarche d’analyse fonctionnelle
identification des risques Identification des risques majeurs.
Recueil des risques par tous les acteurs de l’établissement y compris par les chargés de prévention.
Evaluation des performances nécessaires.
Pour chaque fonction, choisir la nature de l’unité et quantifier dans cette unité.
méthode analytique


méthode qualitative

 Cotation du besoin de surveillance
Ce besoin est évalué en trois niveaux :
-impact du (conséquence si le risque se réalise)
-probabilité d’apparition
-nombre de personnes potentiellement concernées
-sensibilité à (ou efficacité prévisible de) la surveillance.
Hiérarchisation des fonctions Classement des diverses fonctions selon leur importance pour le client. risque classés par ordre décroissant  Classement des acteurs en fonction du risque surveillé.
Classement des acteurs en fonction de la cotation
Allocation des budgets On alloue les budgets de développement en classant l’importance des allocations dans le même ordre que l’importance des fonctions. classement des moyens de surveillance par service Allocation des moyens
Le chef d’établissement et la hiérarchie allouent le potentiel de surveillance en fonction du risque surveillé.
Vérification de la cohérence et adaptation
Méthode d’analyse de coût
ajustement moyens /risques Vérification de la cohérence et adaptation
Mise en évidence des difficultés et négociations de plans d’actions.
On utilise les méthodes BSB (1) ou BSP(2)
Surveiller l’évolution
Mesurer périodiquement la satisfaction de l’utilisateur et l’évolution du besoin
Surveiller l’évolution
S’assurer périodiquement de la réduction du risque


Je vous propose de détailler ci après les diverses étapes.

1. Identification du besoin de surveillance.

1.1. Postulat

  • Si les actions pyrotechniques ou non pyrotechniques, par leur processus ou leur résultat présentent un risque de dérive pouvant conduire à un accident majeur, nous devons surveiller,
  • Si les actions pyrotechniques ou non pyrotechniques ne présentent pas de risques de dérive pouvant conduire à un accident majeur du programme, on s’interdit de surveiller.

1.2. Action

  • Identification de tous les risques potentiels de chaqueRisque.On s’attachera à identifier tous les risques possibles, quitte à ne pas les retenir après leur cotation.

2. Estimation du niveau du besoin de surveillance

2.1. Postulats

Le besoin de surveillance dépend :
  • des conséquences possibles du risque s’il venait à apparaître (plus les conséquences sont graves, plus il faut y prêter attention),
  • de la probabilité d’apparition de chacun des risques (plus le risque est probable, plus il faut répéter les actions de surveillance),
  • de la quantité de personnes concernées
  • de la sensibilité du risque à une surveillance accentuée (la criticité de certains risques restera inchangée selon qu’on les surveille fortement ou non, alors que d’autres varieront fortement).
Le besoin de surveillance doit être modulé en fonction de son efficacité :
  • si le risque est faible, il n’est pas nécessaire d’y consacrer un temps important.
  • mais si le risque est élevé, il faut pouvoir y consacrer le temps de surveillance nécessaire et toute la rigueur possible.

2.2. Action

Chiffrage des risques (impact, probabilité, nombre de personnes concernées, sensibilité à la surveillance) :

  • chaque chiffre peut varier de zéro à neuf,
  • le produit peut varier de 1 à 6561.

Après cette étape, on peut déjà éliminer les risques les plus faibles sur lesquels la surveillance n’aura aucun effet.

3. classement des besoins par service ou acteurs

3.1. Postulats

Le besoin de surveillance est :

  • indépendant de la surveillance d’un autre risque,
  • une fonction croissante des risques.

3.2. Action

  • Sommation des risques surveillés dans un même service.
  • Classement des services par ordre décroissant des risques.

4. vérification de la cohérence

4.1. Postulat

  • Plus le risque est élevé, plus la surveillance nécessite de moyens (la charge de surveillance est une fonction croissante du risque)
  • Le classement des risques par ordre décroissant doit être le même que le classement des moyens par ordre décroissant de potentiel prévu

4.2. Actions

  • Rechercher les écarts de classement,
  • analyser ces écarts et corriger les erreurs,
  • proposer des aménagements
  • composer judicieusement avec les contraintes instantanées.

Cette démarche est-elle réaliste ?

Elle présente bien sûr des défauts :

  • la validité des résultats de cette étude dépendra de l’identification des risques. Que faire en cas de rétention d’information ?
  • elle ne prend pas en compte les autres mission des services,
  • elle suppose une mobilité immédiate ou une possibilité de sous-traitance non limitée,
  • elle intègre mal certaines tâches relatives aux constats, expertises et traitements des réparations.

Mais elle a de très grandes qualités :

  • elle fait émerger les priorités,
  • elle met en évidence le temps à consacrer à certaines tâches.
  • elle permettra de comparer les moyens des services

abbréviation et définitions

BSB :

  • Bon Sens Bordelais
  • Bon Sens Berrichon
  • Bon Sens Breton

BSP :

  • Bon Sens Paysan
  • mais comme de nombreux parisiens ont des ancêtres paysans on peut aussi par dérogation traduire par Bon Sens Parisien

Pifomètre :

  • instrument d’évaluation généralement précis à 20%,
  • comme toute mesure la répétition de la mesure par N acteurs indépendants permet de réduire l’erreur en divisant la dispersion par N½

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